Test de Moonlight Peaks. Un mélange de Stardew Valley et de Twilight
7.0Sorti en 2016 comme successeur spirituel de Harvest Moon, Stardew Valley a profondément renouvelé le genre de la simulation agricole et sociale, et l’a fait découvrir au grand public. Son succès a engendré toute une vague de jeux qui s’en inspirent, certains avec réussite, d’autres moins. Le dernier en date, premier jeu du petit studio néerlandais Little Chicken, revisite la formule avec un cadre original : un univers de fantasy urbaine peuplé de vampires, de loups-garous, de sorcières et d’autres créatures fantastiques. J’ai passé plusieurs dizaines d’heures sur ce nouveau jeu pour vous dire ce que les développeurs ont réussi… et ce qu’ils ont raté.
Plateforme : PC (Ryzen 5 7500F, NVIDIA RTX 4070 Ti Super, 32 Go de RAM) ;
Durée de jeu : 46 heures.
Configuration requise
Minimum : Intel Core i3, NVIDIA GeForce GTX 660 2 Go, 6 Go de RAM, 8 Go d’espace disponible ;
Recommandée : Intel Core i7 / AMD Ryzen 1700+, NVIDIA GeForce GTX 960, 16 Go de RAM, 8 Go d’espace disponible.
Échapper au quotidien de vampire : histoire, style et vie sociale

L’histoire de Moonlight Peaks suit un jeune vampire épuisé par la routine et les conflits familiaux. Après avoir fui le château familial, le héros monte dans un train et part sans destination précise. C’est ainsi qu’il arrive dans la ville qui donne son nom au jeu : Moonlight Peaks.
Le protagoniste passe la journée à l’abri du soleil dans une petite maison abandonnée. Le lendemain, un autre vampire du coin vient le trouver sur le pas de la porte, en pleine gueule de bois. Dans un style bourru et excentrique, il lui présente brièvement la ville, lui conseille de faire connaissance avec ses habitants, lui transmet quelques recettes de base et lance la première suite de quêtes, consacrée à la fabrication de vin de raisin. Ensuite, le joueur est libre de progresser comme bon lui semble.
Le style visuel de Moonlight Peaks ne plaira pas à tout le monde : il est simple, mais assez détaillé, surtout dans les intérieurs. Cela dit, sa palette pastel omniprésente et sa ressemblance avec les jeux mobiles pourraient facilement rebuter certains joueurs.
Stardew Valley a conquis beaucoup de joueurs, notamment grâce à sa dimension sociale. Il faut donc souligner un point important : dans ce jeu aussi, vous pouvez nouer des relations amoureuses avec des PNJ. Au total, 24 personnages sont susceptibles de devenir des partenaires (à lire aussi : Les meilleurs jeux sur téléphone pour les filles : que jouer sur Android et iPhone). Mais l’écriture narrative, en particulier la caractérisation des personnages, est nettement moins travaillée que dans Stardew Valley. On retrouve surtout des archétypes assez simples : le plaisantin qui enchaîne les blagues et les expressions toutes faites, la « mignonne timide qui rougit facilement », la tsundere colérique, et ainsi de suite. Mais derrière ces esquisses, il n’y a pas grand-chose : ni histoires intéressantes, ni évolution, ni profondeur.
Que pensez-vous de l'idée de combiner un simulateur de ferme de style Stardew Valley avec un cadre sur le thème des vampires et des loups-garous ?

Le cadre choisi par les développeurs apporte-t-il des idées vraiment originales ? En partie seulement : il influence surtout l’ambiance et les décors. Par exemple, les personnages vaquent à leurs occupations la nuit et s’endorment au lever du soleil. Vous automatiserez aussi les tâches de la ferme grâce à la magie (à lire aussi : Les meilleurs jeux de vampires : 30 incontournables, de Castlevania à Bloodlines 2). Pour le reste, Moonlight Peaks ne cherche pas à réinventer la roue : le jeu reprend des mécaniques éprouvées et les adapte habilement à son univers.
Corvées et vie à la ferme
Pour quiconque a joué à Stardew Valley ou à des jeux du même genre, la boucle de gameplay principale de ce nouveau titre sera douloureusement familière. À vrai dire, deux ou trois jours en jeu suffisent pour en comprendre les principales mécaniques. Mais développer correctement sa ferme demande tout de même pas mal de temps.
Le joueur possède une petite parcelle qui, au départ, fait peine à voir : le terrain est envahi d’arbres et de mauvaises herbes, et la maison est de guingois, à moitié en ruine. Jour après jour, il faudra remettre tout cela en état : défricher et aménager le terrain, améliorer les bâtiments, débloquer de nouveaux plans et récolter des ressources. Presque chaque action consomme une réserve d’énergie limitée, que l’on peut reconstituer en passant une bonne nuit ou en prenant un repas copieux.

L’agriculture est l’activité principale, et elle n’a rien de révolutionnaire : on laboure, on plante des graines, on installe un épouvantail pour éloigner les nuisibles et on arrose chaque jour. Les saisons changent bel et bien, mais c’est dommage que l’apparence des lieux évolue beaucoup moins radicalement que dans Stardew Valley (à lire aussi : Les jeux comme Les Sims : les meilleurs jeux de simulation de vie de 2026).
Une bonne partie des bâtiments de Moonlight Peaks sont des éléments de décoration variés. Si vous aimez aménager votre petit coin de monde, ce jeu vous ravira. Certains objets, comme les pots de fleurs et les broderies, sont même personnalisables : la broderie, par exemple, permet de s’essayer au pixel art. On trouve aussi de nombreux ateliers de fabrication fonctionnels, qui transforment une ressource en une autre : tonneaux à vin, moulins, métiers à tisser, chaudrons et bien d’autres.
Pas seulement les champs
En dehors de l’agriculture, toute une panoplie d’activités vous attend : élevage, pêche, cueillette, chasse aux insectes, exploration de mines, cuisine et préparation de potions. Ce petit monde magique a même son propre jeu de cartes à collectionner, au cœur d’une suite de quêtes dédiée (à lire aussi : Les meilleurs RPG sur PC et consoles : le TOP 77). Beaucoup de ces activités reposent sur des QTE peu agaçants, qui se distinguent nettement les uns des autres.
Cela dit, le jeu ne déverse pas toutes ces mécaniques sur le joueur d’un seul coup : chacune se débloque progressivement, au fil de l’histoire principale. Même principe pour la carte : la plupart des zones sont inaccessibles au départ et nécessitent d’avancer dans l’histoire ou de posséder l’outil adéquat.

Après certains événements de l’histoire, un système de magie se débloque pour faciliter les tâches quotidiennes : il permet d’automatiser l’arrosage et l’extraction minière, ainsi que de se transformer en diverses créatures pour se déplacer rapidement et accéder à des zones autrement inaccessibles.
Je tiens aussi à saluer les nombreux détails qui améliorent le confort de jeu et qui, dans Stardew Valley, ne sont apparus qu’au fil du temps ou n’existent que sous forme de mods tiers. On trouve par exemple un journal pratique qui rassemble les informations essentielles sur les habitants de la ville, ainsi qu’un agréable menu radial pour les outils, qui n’empiète pas sur les précieux emplacements d’inventaire.

Qu'est-ce qui est le plus important pour vous dans les jeux de ce genre—la profondeur de vos relations avec les PNJ ou la variété des activités de gestion ?
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Moonlight Peaks est une solide déclinaison du genre, qui répond à la question : « Et si les habitants de Stardew Valley avaient des crocs, des pouvoirs magiques et d’adorables chats infernaux ? » Le jeu ne brille pas par son innovation, mais exploite à merveille tout ce que les joueurs aiment déjà. Ses points faibles sont sans doute une narration peu profonde et une bande-son clairsemée : les pistes d’ambiance sont peu nombreuses et vite oubliées. Le style visuel évoqué plus haut peut également rebuter, mais c’est une affaire de goût : certains l’adoreront sans aucun doute. Pour le reste, c’est un bon jeu. Je le recommande à tous ceux qui ont déjà terminé Stardew Valley plusieurs fois, essayé tous les jeux similaires et en redemandent encore.


