Test de Box Knight — Un roguelike avec un chevalier qui porte une boîte sur la tête
8.0L’horloge dépasse cinq heures, un employé de bureau se met une boîte en carton sur la tête, et c’est parti. Une minute plus tôt, vous étiez assis quelque part entre les bureaux et la morosité ambiante, et vous voilà à courir dans une tour de bureaux, à taillader des monstres et à essayer de ne pas perdre votre ultime à cause d’un coup perdu. Car ici, l’ultime se recharge vite, en quelques attaques à peine, mais retombe à zéro dès que vous êtes touché, même légèrement.
Box Knight exploite très bien son gag principal. Le bureau est devenu un endroit sinistre, les employés se sont transformés en monstres, et après le travail, vous devenez le Chevalier-Boîte pour remettre de l’ordre. Vous grimpez d’étage en étage, nettoyez les salles, buvez de la bière pour récupérer, puis affrontez un boss. Et ainsi de suite. Le jeu ne s’attarde pas à expliquer pourquoi un type avec une boîte sur la tête doit sauver l’entreprise. Tant mieux.
Plateforme : PC (AMD Ryzen 9 9950X3D 4,3 GHz, NVIDIA GeForce RTX 5080, 64 Go de RAM) ;
Durée de jeu : 3 heures.
Combattre avec une boîte sur la tête, c’est plaisant
Les commandes se révèlent vraiment agréables. Le clic gauche sert à l’attaque de base. Maintenez le bouton droit enfoncé pour effectuer une autre attaque. Vous pouvez sauter et frapper depuis les airs, et esquiver avec Maj. Il y a aussi des capacités et une attaque spéciale sur Q.
L’attaque plongeante est particulièrement utile : elle inflige des dégâts et étourdit l’ennemi. Vous entrez dans une salle où ça rampe, ça s’agite, ça vole et ça sort de tous les coins : vous sautez, frappez depuis les airs et gagnez quelques secondes de répit. Puis un ennemi casqué débarque, et votre technique favorite ne fonctionne soudain plus. Les ennemis qui portent un casque ne sont pas étourdis par l’attaque plongeante.
Au début, l’attaque spéciale sur Q ressemble presque à un consommable : quelques coups normaux suffisent à la charger, vous appuyez sur la touche et mettez un ennemi K.-O. Puis vous comprenez qu’il ne sert à rien de la garder en réserve. L’ultime se vide dès que vous prenez un coup, et les ennemis ne manquent pas. Mieux vaut l’utiliser tant que vous le pouvez que de courir avec la jauge pleine en espérant que personne ne vous effleure cette fois-ci.
Le problème, c’est que l’ultime ne touche qu’une seule cible. Avec deux ou trois ennemis à l’écran, ça va. Mais quand vous êtes encerclé et devez absolument éliminer une sale bête en particulier, le jeu choisit généralement l’ennemi le plus proche. Vous avez donc gardé votre Q en réserve en attendant le bon moment, vous vous approchez du répugnant ver oculaire volant qui fait apparaître des petits ennemis, vous appuyez sur le bouton… et le Chevalier-Boîte s’écrase avec élégance sur un adversaire quelconque juste à côté.
J’aimerais au moins avoir un moyen un peu plus pratique de choisir une cible. Pas besoin de viser à la souris ni d’ouvrir un menu en mettant le jeu en pause. Il faudrait simplement que le personnage ne décide pas à ma place qui mérite d’être frappé en priorité. Ou alors, que l’attaque touche une zone. Car au milieu d’une foule, elle donne parfois l’impression d’être un bouton « avec un peu de chance, ça passera ».
Ver oculaire, crève donc en premier
Au début, les ennemis ont l’air assez simples. Vous courez, esquivez, donnez quelques coups d’épée et sautez parfois sur eux. Puis les mêmes créatures réapparaissent, mais avec des bonus. L’une a mis un casque. Une autre a appris un nouveau tour vicieux. Une troisième soigne les autres. Une quatrième renforce toute la bande. Et voilà qu’une salle que vous pouviez traverser en pilote automatique une minute plus tôt devient un petit problème.

Le type le plus pénible, c’est le ver volant avec un œil. Je n’ai pas trouvé de nom plus convenable. Il monte et descend sans arrêt, tout en invoquant continuellement de petits ennemis ordinaires. Rien que lui, c’est déjà agaçant. Mais s’il y a aussi un ennemi qui renforce les autres dans les parages, c’est l’enfer : les petits débarquent en masse, les dégâts s’enchaînent, vous manquez d’espace et vous pouvez tout simplement vous faire tuer à force de prendre des coups.
J’ai vite trouvé comment m’en débarrasser. J’attends qu’il se place bien, puis je le renverse avec une attaque plongeante en maintenant Maj et le bouton droit de la souris, histoire de l’étourdir un peu. Ensuite, j’enchaîne immédiatement avec Q. L’ultime ne touche qu’une cible, et c’est précisément le genre d’ennemi qu’il faut éliminer avant qu’il n’invoque une douzaine de parasites. Je me débrouillerai avec les autres ensuite.
Plus tard, vous rencontrerez des ennemis qu’il faut frapper dans le dos. Vous pouvez leur cogner le visage autant que vous voulez, les dégâts ne passent pas. Il faut leur tourner autour, trouver le bon angle et faire le tour de la salle, tandis que les autres ne vous attendent pas sagement. Ces moments rendent les combats un peu plus tendus. Vous repérez un de ces ennemis, essayez de le contourner, et juste à côté se trouvent déjà un ennemi qui soigne, un autre qui renforce ses alliés et le bon vieux ver oculaire. C’est là que la boîte sur votre tête devient presque une obligation professionnelle.
Les boss de fin d’étage sont toujours les mêmes. Lors de ma troisième partie, le premier étage m’a réservé le même boss que pendant les deux précédentes. L’avantage, c’est qu’on finit par s’y habituer : on apprend quand éviter de s’approcher, où garder de la place pour esquiver et quand ne pas gaspiller son ultime. Au moins, ces combats ne se résument pas à vider une barre de vie à coups de clics.
Quel type de roguelike préférez-vous ?
La roulette après le combat
Après chaque salle, une roulette de capacités apparaît. Elle propose une à trois options, selon la manière dont vous avez combattu. Si vous avez tourné en rond, beaucoup esquivé et grignoté la vie des ennemis petit à petit, vous aurez moins de choix. Si vous avez foncé dans le tas et éliminé tout le monde rapidement, la jauge se remplit et la roulette propose davantage d’options.
Le jeu ne semble jamais vous laisser sans aucune capacité : même si vous avez joué la salle de manière très molle, vous obtenez quelque chose. Ça sauve la mise. Les capacités concernent surtout les éléments et le renforcement de vos attaques. Vos coups normaux peuvent devenir des attaques de glace, de feu ou électriques, et il existe des effets similaires pour les attaques spéciales. Quant à l’ultime, à ce que j’ai compris, il vit sa vie de son côté. Quel que soit son effet, il reste tel quel.
J’ai commencé à collectionner les capacités de glace presque immédiatement. Dans ce genre de jeu, le gel est généralement plus utile que le feu, et il vous tire aussi très bien d’affaire ici. Une foule se rue dans la salle, quelques ennemis sont gelés par mes attaques et le restent même après avoir été touchés. Je peux alors m’occuper tranquillement de quelqu’un d’autre sans essayer de surveiller chaque ennemi à l’écran.
Vers la fin de ma partie, j’ai obtenu un effet vraiment vicieux (dans le bon sens du terme) : vous gelez les ennemis, en tuez un et les ennemis gelés à côté meurent aussi. La salle était remplie d’adversaires. Je les ai gelés, j’en ai frappé un, et ils se sont mis à exploser les uns après les autres. Boum, boum, boum, comme des ballons. C’est un vrai régal pour les yeux.
Il y a un onglet Prestige où vous pouvez choisir une spécialisation en feu, glace ou foudre. Elle se débloque en battant des boss, qui lâchent des artefacts. Ces derniers s’échangent contre ces fameux « prestiges ». Un seul peut être actif à la fois. Fire Specialist vous donne des points de feu et augmente vos chances de trouver des capacités de feu ; Frozen et Zap fonctionnent sur le même principe. Si vous aimez composer des builds et recommencer après une partie ratée, découvrez aussi notre article sur les meilleurs jeux roguelike et roguelite.

J’ai essayé deux options, mais je n’ai pas remarqué de différence majeure. Je préférais quand même la glace, car le contrôle des foules est déterminant ici. Quand les ennemis sont gelés, au moins, vous ne courez pas dans la salle comme quelqu’un qui serait venu au bureau un jour de congé pour découvrir que la porte est verrouillée derrière lui.
De la bière, une banane et la comptabilité de la mort
Entre les salles, vous pouvez récupérer de la vie avec de la bière. Vous ne transportez qu’une bouteille, alors impossible de noyer chaque égratignure. Sur la carte, vous croiserez des employés dans un état pour le moins brumeux. Vous vous approchez, leur donnez la monnaie récoltée pendant votre partie et choisissez une récompense. La plupart du temps, j’avais besoin d’une autre bouteille de bière. Car lors des longs combats, votre santé fond rapidement et vos réserves de soins encore plus vite.
Vous pouvez aussi obtenir Boost XP. À en juger par son nom, l’effet est censé vous rapporter davantage d’expérience, mais je n’ai vu aucune différence. Peut-être que les chiffres montaient vraiment plus vite et que je n’y prêtais simplement pas attention. La bière, au moins, est plus claire : vous buvez, vous vous sentez mieux. Parfois, ça suffit.
En dehors des parties, une autre monnaie s’accumule. Vous nettoyez des salles, obtenez des récompenses, mettez des pièces de côté et pouvez vous rendre à la boutique. Il existe trois types d’armes : une épée à deux mains, une épée classique et une lance. Je les ai toutes essayées et j’ai terminé le jeu avec la lance. C’est celle que j’ai préférée. Elle permet de garder ses distances plus facilement et, quand une salle est remplie d’ennemis, le pas de recul supplémentaire vaut mieux que n’importe quelle jolie animation.
Il y a aussi des casques et des tenues, qui ne sont pas que cosmétiques. Dans la dernière ligne droite, j’ai acheté un costume de banane : il offrait +10 % de santé et +10 % de défense. C’est donc ainsi que j’ai traversé la tour de bureaux : en banane, avec une lance et une boîte sur la tête. Une belle évolution de carrière.
Un arbre de talents se débloque également en gagnant des niveaux. Jusqu’au niveau 20, vous pouvez améliorer les dégâts, la défense, l’esquive et l’étourdissement. Les points se gagnent pendant les combats, du moins c’est ce que j’ai compris : vous vous battez et une jauge se remplit peu à peu. La progression reste assez simple et claire, sans chercher à vous faire passer plus de temps dans les menus que dans les salles infestées de monstres.
Trois niveaux de difficulté sont disponibles. J’ai joué en Normal. Il y a aussi Hardcore et Corporate Hell, qui est verrouillé. À en croire la description, Corporate Hell se débloque après avoir terminé Hardcore : les ennemis y encaissent davantage, frappent plus fort et deviennent tous des élites. Et si votre enfer personnel en entreprise commence dès la configuration requise, notre sélection des jeux PC les mieux optimisés pourrait vous être utile.
Ce qui m’a le plus agacé, cependant, c’est quand un combat s’éternisait et que les monstres continuaient d’affluer. Vous avez déjà éliminé la majeure partie de la horde, vous attendez déjà la roulette de capacités et vous voulez passer à la suite, mais le jeu vous retient encore au bureau. À ces moments-là, les combats, d’abord si dynamiques, finissent par tourner un peu en rond.
Qu'est-ce qui vous agace le plus ?
Le chevalier est arrivé jusqu’au sous-sol
Mes deux premières parties se sont déroulées dans des salles presque identiques. À la lettre. Pour un roguelike, c’est un drôle de début : vous courez, reconnaissez la salle, passez à la suivante et la reconnaissez aussi. Les salles ont enfin changé lors de ma troisième partie. Les ennemis évoluent bien au fil de la progression, avec de nouveaux types et des versions améliorées des anciens, si bien que l’expérience ne devient jamais complètement monotone. Mais pendant ces deux premières parties, j’ai commencé à me demander si la tour de bureaux ne faisait tout simplement pas des économies sur le renouvellement de ses décors. Si vous cherchez un jeu qui ne demande pas une machine très puissante, jetez aussi un œil à notre sélection des meilleurs jeux PC et portables pour les petites configurations.
J’ai fini par battre le boss final. Jusque-là, j’avais grimpé la tour, mais le jeu m’a ensuite placé dans un ascenseur et fait descendre jusqu’au sous-sol. C’est là que j’ai trouvé le premier Chevalier-Boîte.
J’ai ensuite lancé une nouvelle partie, cette fois avec l’épée à deux mains. Les ennemis étaient devenus plus forts et, après avoir terminé le jeu, ils ont commencé à apparaître en mélangeant tous les types, comme si le jeu avait cessé de les répartir soigneusement par étage. Avant, la difficulté augmentait plus ou moins progressivement ; maintenant, des créatures de différentes parties de la tour peuvent se retrouver dans la même salle. L’action est devenue plus animée.

***
J’ai terminé le jeu en trois heures. Si vous cherchez quelque chose de court, qui ne vous prendra pas des dizaines d’heures, découvrez aussi notre sélection des meilleurs jeux vidéo pour les personnes qui ont du mal à se concentrer. Pourtant, aucune réussite ne s’est débloquée, pour une raison qui m’échappe. Même pas celles qui auraient dû s’obtenir automatiquement, comme nettoyer une salle ou accomplir quelque chose d’aussi élémentaire. En revanche, les commandes sont réussies. Les combats sont généralement plaisants eux aussi, surtout quand vous parvenez à faire tomber le ver oculaire, geler la foule et la faire exploser en chaîne. Puis vous repartez en costume de banane, avec une bouteille de bière dans la poche et une boîte sur la tête.













